Parlons-en : « Quand j’étais petit je voterai »

vendredi 26 avril 2019

« Parlons-en ! » : des collégiens se sont réunis après la représentation de Quand j’étais petit je voterai avec Jacques Carreau, modérateur d’un soir. Il a recueillit leurs impressions afin de rédiger une critique.

 

 

Le jeune public qui assistait à la représentation de Quand j’étais petit je voterai vendredi soir, a redit,
avec ses mots de collégiens, combien le théâtre pouvait, tout à la fois, distraire, émouvoir et porter des
questions d’actualité fondatrices d’une réflexion démocratique nécessaire voire urgente.

Ses premiers mots vont vers les comédiens, Cloé Lastère et Simon Pineau, et leur belle performance.
L’énergie qu’ils déploient sur scène, leur capacité à changer de registre et de voix, selon le personnage
qu’ils incarnent, les a séduit. Elle porte aussi avec efficacité le propos de la pièce adaptée du roman de
Boris le Roy en collaboration avec Emilie Capliez qui en a fait la mise en scène. La situation au cœur de la
pièce – l’élection chaotique d’un délégué de classe, difficilement orchestrée par la prof principal – le
langage « jeune » , « l’humour » et « les jeux de mots » sonnent juste aux oreilles de ce public qui rit
souvent de ce qu’il dit, de ce qu’il est et de ce qu’il vit. L’espace scénique épuré est tantôt vu comme
celui d’une salle de classe, tantôt comme un hémicycle ou les tribuns en herbe vont s’exercer à la joute
oratoire et politique. Les jeux de lumière et les images projetées le transforment avec subtilité en un
lieu où la parole devient émotion et poésie : lieu des doutes, lieu de l’intimité et des confidences, lieu
des premiers émois amoureux de Lune et d’Anard, lieu de leurs rêves aussi.

Quand j’étais petit je voterai porte, pour ces adolescents, « une morale » « une philosophie », un
questionnement sur le droit à la parole que les élections leur ouvre, sur l’expression démocratique
tiraillée entre des idéaux contradictoires : entre les aspirations de Cachot voulant mettre fin au chaos en
fermant les portes aux élèves étrangers et interdire l’accès à tous ceux qui n’auront pas la carte jaune et
celles d’Anard voulant défendre les droits de « tout le peuple des élèves ». Alors ces jeunes
s’interrogent : tout le monde a-t-il le droit à la parole ? Est-ce que nous sommes vraiment libres et
égaux? Que signifie voter? Etre élu est-ce seulement vouloir le pouvoir ? Quels électeurs seront-ils
demain ?
Un bel éveil démocratique, en somme, que leur propose avec finesse cette pièce d’actualité qui a aussi réjoui leurs parents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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