Paliers en scène : « 30 Hz [ Improvisations ] »

Au bout d’un couloir : Thierry Mabon, sa guitare et son bazar électrique de câbles et autres pédales. En face, quelques chaises pour les habitants. Certains préfèrent même rester debout, pour mieux profiter de la profondeur du couloir. Et au milieu, Marie Lenfant qui évolue dans ce couloir plutôt étroit, éclairée par la lumière du dehors et les variations du soleil. Elle joue avec l’espace, avec l’instant, avec son corps, la perspective de ce long couloir. Elle vient un instant parmi les spectateurs, se crée des masques d’aluminium qu’elle offre soudain à un homme arrivé en retard. Puis une porte s’ouvre derrière nous, et ce sont les voisins qui sortent la tête et finissent par observer la suite de la performance.

Un Hertz est équivalent à un événement par seconde.

Rue de Paris, les 30 avril et 2 mai derniers, des habitants ont accueillit sur leur palier d’immeuble un duo de danse et musique improvisées : 30 Hz [ Improvisations ], avec Marie Lenfant et Thierry Mabon.

« Chaque session donne naissance à un moment unique, entre danse instinctive et création sonore bruitiste, empreinte de rock noise. Dans une configuration au plus près ou au milieu du public, à même le sol, 30 Hz est une expression libre dans l’instinct de chaque seconde. » Plus d’informations sur la compagnie Marie Lenfant : ici

Paliers en scène est en partenariat avec la Mancelle d’Habitation. La rétrospective : ici

 

« Il y a de la générosité et de la gourmandise, ici. Une gourmandise d’être là pour la première fois et la dernière, puisque demain sera un autre temps dans un autre espace. Le béton de l’immeuble en vibrera longtemps. Le couloir/palier s’écarte – sollicité par les poussée de Marie Lenfant – sans résistance. Le corps, quant à lui, s’émancipe des mots – enfin, quel repos ! –, et les sons électriques de T. Mabon coulent, glissent, rebondissent sur la peinture jaune des murs. L’improvisation permet à l’artiste de matérialiser l’acte créatif dans un présent concret et contenu, délivré de ses références, pour se frotter à ses grands déserts peuplés d’ignorance. »

Texte : Alain Leliepvre (il a également pris des photographies, à découvrir sur son site :  ici)

 

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