T’as peur ou quoi : chronique des premiers jours

T’AS PEUR OU QUOI ?

Cette semaine, dans la maison de quartier Georges Moustaki, se sont réunis Maxime Crochard, Delphine Aranéga et Didier Lastère afin d’expérimenter un premier temps de travail pour la nouvelle création du Théâtre de l’Ephémère.

Les chaises bleu ciel de la salle étaient alignées en rangs deux par deux et faisaient face à un tableau blanc weleda aux feutres colorés. L’éclairage n’était autre que la lumière de ce mois d’octobre.

 

« Tu traverses la cour, le regard fixe, non pas à la hauteur d’homme, tu risquerais de croiser ceux-là que tu fuis, cherches à esquiver, plutôt le regard à hauteur de mollet, opaque, tu sais très bien où tu vas, devant la porte de la salle 203, tu n’attends pas comme les autres dans la cour, tu ne gaspilles pas comme les autres une minute ou deux, encore une taffe, ça sonne, le surveillant intime l’ordre d’aller en classe, non, toi, tu es déjà devant la porte de la salle 203, tu iras t’asseoir au cinquième rang, côté fenêtre, le premier rang serait trop périlleux, la masse ennemi dans le dos (l’ennemi se sent d’autant plus libre d’attaquer dans le dos) … »

-Extrait du texte-

 

Le texte est d’Arnaud Cathrine : « T’as peur ou quoi ? ». Parole adressée, parole d’aujourd’hui pouvant évoquer des problématiques, des paysages et des émotions adolescentes, l’auteur nous plonge dans les rapports adolescents avec un texte sobre et intime. Martin, un adolescent fragile, vit sa scolarité avec une grande détresse. Cette fragilité exposée au grand jour, il devient la cible de vexations le rejetant hors du groupe. Une histoire dans laquelle les chansons, et le courage des amitiés naissantes, permettent d’affronter la plus grande des peurs : celle de la cour de récré.

La classe qui est au centre de ce texte sera aussi le lieu du jeu. Les comédiens se déplaceront dans les classes des élèves-spectateurs, et déplaceront le théâtre à l’école. C’est la proximité des interprètes et la force de la parole qui créera l’assemblée théâtrale.

 

Quelques mots de Didier Lastère, metteur en espace du projet, sur ses intentions : « L’histoire de Martin l’adolescent se raconte à la 2 ème personne du singulier. Comme si sa propre histoire lui échappait ou bien comme l’expression d’un monologue intérieur difficile à assumer. Voilà pourquoi je souhaite que ce récit soit partagé avec une voix féminine qui sera majeure et qui prend le relais pour dire à la place de Martin. Finalement les rares amies de Martin sont des adolescentes : « Tes filles-boucliers ». Camille la copine qui le protège. Il s’agit d’aider Martin à dire, lui qui est si silencieux. Un espace sonore accompagnera ce récit permettant à Martin de se préparer à ce combat journalier avec sa peur. Il écoute souvent dans l’intimité de sa chambre avant de partir pour le collège ses chanteurs préférés, convoque et parle à son « ennemi » de toujours : « Clément » si difficile à regarder dans les yeux. Il s’agira de créer cet espace intime où Martin parle à la première personne et cherche à lier une amitié avec Clément. »

Le prochain temps de travail aura lieu du 23 au 26 octobre 2018, au Théâtre Paul Scarron cette fois-ci..

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