Mots-clefs archives | Fabrice Melquiot

LES PETITES MELANCOLIQUES — FABRICE MELQUIOT

  Le hangar, un matin. Déjà le soleil dans la poussière des vitres. Au fond, dans un chambranle sans porte, un arbre a poussé mort. Près de l’arbre, un petit rocher dressé. Les cloisons tiennent debout par miracle –  elles qui font les chambres.

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LE JARDIN DE BEAMON — FABRICE MELQUIOT

  Un jardin jaune. Des chaises en fer forgé, trop grandes pour des hommes. Ce qu’il faut de rouille. Une table de bois peint, à la hauteur des chaises. Une statue de femme, vivante, sur son socle de pierre.

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Le Gardeur de silences — FABRICE MELQUIOT

  Une chambre. Les rideaux sont tirés. Le soleil se faufile çà et là. Taches de lumière sur l’accoudoir du fauteuil, sur une plinthe, sur le bord du lit. Allongé, Séraphin Huppe s’agite, repoussant la couverture à ses pieds, comme s’il avait trop chaud. Près de lui, Saeéna, sa petite-fille esquisse quelques pas de claquettes […]

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L’enfant Dieu — FABRICE MELQUIOT

  Sur un nuage, quelque part au-dessus de nos têtes, un trône de pierres et de bois précieux, comme suspendu à rien. Une graine germée dans une boule de coton. Assis en tailleur sur son trône suspendu, un enfant noir.  

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BOULI REDEBOULE — FABRICE MELQUIOT

  La maison de Bouli Miro. Au pied du mur qui donne sur le jardin. Trois fenêtres. Bouli Miro, sept ans, et sa cousine Petula, dix ans, rentrent d’une fugue qui a échoué en gare de Calais, alors qu’ils partaient pour l’Angleterre, dans l’espoir de se marier.

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BOULI MIRO — FABRICE MELQUIOT

  À LA MATERNITE.   DADDI ROTONDO. File-moi tes clopes, sale mioche. J’en peux plus, faut que je fume, je vais devenir Daddi aboule tes clopes je te dis !

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Albatros — FABRICE MELQUIOT

  1. TROIS ESCALIERS   DANS UNE VILLE OU LA MORT PASSE SUR LES CHAPEAUX DE ROUES : AMBULANCES, CORBILLARDS, CAMIONS RÉFRIGÉRÉS. DEUX ENFANTS À UN CARREFOUR. LÀ, ILS ONT L’HABITUDE DE SE RETROUVER L’UN PRÈS DE L’AUTRE, ENSEMBLE ILS REGARDENT PASSER LES VOITURES ET PRENNENT DES PARIS SUR LES CARAMBOLAGES.

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Tasmanie — FABRICE MELQUIOT

  Le diable de  Tasmanie est un marsupial carnivore vivant exclusivement sur l’île de Tasmanie. Il est caractérisé par sa fourrure noire, son hurlement puissant et inquiétant, son tempérament agressif et l’odeur forte qu’il dégage lorsqu’il est stressé.   Chez Conrad Cyning. Salon, vaste et blanc. Un coin bar ; des alcools forts. Trois fauteuils de […]

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Salât al-Janâza — FABRICE MELQUIOT

  1. TERRA     Comme un trou noir où courbes et lignes ont fondu. Un globe terrestre qu’on croirait en suspension sur ce qui a fondu. Il commence à tourner sur lui-même, lentement, sans qu’aucune main n’imprime le mouvement de sa rotation. Tourne de plus en plus vite.

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PERCOLATEUR BLUES — FABRICE MELQUIOT

  CYRIL. Tu sais que ce n’est pas la recherche du bonheur qui est le grand mobile des actions des hommes, mais le souhait inhérent à chacun de tes actes : « ne pas être celui que je suis ». Je relis plusieurs fois l’épigraphe de La Connaissance du soir. A mes pieds dort une loutre. Et des […]

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MARCIA HESSE — FABRICE MELQUIOT

  Marcia l’été prenait le temps de vivre   Une presqu’île. La maison sur la presqu’île. La seule maison. La maison des Hesse. Soir de la Saint-Sylvestre. Tempête.

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Ma vie de chandelle — FABRICE MELQUIOT

  Ce pourrait être une chambre, mais ce sera davantage. Un lit, si grand que l’on pense que c’est un ring. Deux tables de chevet, si éloignées du lit, qu’on se demande si elles ne boudent pas les dormeurs. Un fauteuil, si profond qu’on y disparaît une fois assis. Une fenêtre, sans rideaux ni volets.

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LE LAVEUR DE VISAGES — FABRICE MELQUIOT

  Un garage. Par la porte de tôle, les appels de lumière sont filtrés. D’étroits faisceaux viennent frapper la carrosserie d’une voiture, on devine qu’au dehors c’est un jour de plein soleil. Mais là-dedans, tout autour de la voiture, trois ampoules électriques diffusent une lumière trouble, percée des flèches de lumière du jour filtré. Un […]

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LE DIABLE EN PARTAGE — FABRICE MELQUIOT

  Knin.   Prison du camp militaire central serbe. Des rats, sur le béton d’une cellule.   La porte s’ouvre. Rai de lumière. Les rats détalent. Le maton, un geste brusque. Lorko au sol. Porte claquée. Le mécanisme de la serrure.

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LA SEMEUSE — FABRICE MELQUIOT

  MODANE, CAFÉ DES SPORTS, 13 DÉCEMBRE   ELLE. Le train a déraillé sur la première neige. Le train déraille. À prévoir. L’ironie fond dans la neige avec toi. De quoi sourire oui. Mais non, pas sourire. Je ne suis plus une femme. Un fusil mal réglé. Je louche et je bégaie.

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Je rien te deum — FABRICE MELQUIOT

  BONE. Dans le lavabo. Je me lavais les mains. Je. Rien. Émail blanc, robinet inox, jet d’eau réglé cool sur mes mains qui se prennent et se déprennent, là, sous le. Cool.

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FAXXMAN — FABRICE MELQUIOT

  KHALIFA. La nuit braise éteinte sous les milans tournoie Je gosse errant dans la Médina Seize ans peut-être bien Ma naissance, vague vieille pirogue Je faxxman

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C’EST AINSI MON AMOUR J’AI APPRIS MA BLESSURE — FABRICE MELQUIOT

Un aéroport. Un matin où la lumière du jour n’arrive pas à se défaire de celle de la nuit, qui se prolonge quand tout l’appelle à disparaître. Un homme est assis sur un banc, une valise rouge à ses pieds. Il cherche une position pour dormir, mais entre s’asseoir et s’allonger il ne choisit pas, […]

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