S’OBSTINENT, PERSÉVERENT, S’ENFERRENT

de Jean-Claude HauvuyCompagnie Vercelletto

Un maître, un valet. Ils parlent, ne font que parler.
Ou plutôt : le maître alterne rumination misanthropique et sombres silences. Le valet, lui, se voue à une quête opiniâtre, pressante, du sens des mots du maître ; absurdement, il en attend une sorte de salut.

Mais … s’obstinent, persévèrent, s’enferrent, c’est aussi et surtout l’enchaînement serré et souvent comique de deux paroles, dont l’opposition témoigne finalement d’un même effondrement du pouvoir des mots à rendre l’existence supportable, dès lors qu’un événement dramatique y fait effraction.

…s’obstinent, persévèrent, s’enferrent, titre énigmatique, fragment de phrase auquel manque le sujet. A première lecture, on pense être relié à une forme repérable, celle du dialogue philosophique entre un maître et son valet (cf. Jacques le fataliste de Diderot ou Les conversations de Gœthe avec Eckerman).
Mais cela n’est qu’apparence.

L’univers de Jean-Claude Hauvuy est tout de suite plus déjanté. Le maître, acariâtre et miné par d’inavouables questions est diaboliquement scruté, envahi, par un valet obsessionnel en pleine reconstruction mentale. On assiste alors à une quête effrénée du mot juste, de la précision du langage. Et lorsque le mot manque, d’effrayantes béances se révèlent.
C’est de la pensée en mouvement, du verbe à l’état pur.

Il y a bien sûr des influences, mais il y a surtout l’écriture de Jean-Claude Hauvuy, singulière, étourdissante et jubilatoire, qui ne ressemble à rien de ce qui s’écrit dans le théâtre français d’aujourd’hui…

Laurent Vercelletto.

Texte Jean-Claude Hauvuy

Mise en scène : Laurent Vercelletto

Avec :
Roland Depauw et Vincent Bady

Lumière, vidéo : Yvan Pellecuer
Scénographie : Fanny Gamet, Laurent Vercelletto
Costumes : Fanny Gamet

Texte édité aux Editions Comp’act .

Dates

8 février 2006 à 20h30

Théâtre Paul Scarron

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