ROULEZ JEUNESSE ! — LUC TARTAR

Je ne peux détacher mes yeux (1)

Cours de sport. Il est allongé sur le tapis. Je ne peux détacher mes yeux

Cours de maths. Sa nuque délicate et l’implantation en v de ses cheveux. Le contour de ses oreilles

Cours d’histoire-géo. Il prend des notes. Un bracelet brésilien

Cour du lycée. Il fait beau. Quelques poils dans l’échancrure de sa chemise (d’autres qui soulignent discrètement le bord du maillot à la piscine). Il retire son pull-over et le tee-shirt vient avec. Le ventre légèrement hâlé. Le nombril les abdos la poitrine et les tétons qui pointent leur nez. Stop. Le tee-shirt se déroule et retombe le long du corps. Il dit « T’as pas chaud toi ? » Je rougis

Son bracelet brésilien vient de céder. Nos regards se croisent. J’étouffe un cri.

Le courrier dans la boîte aux lettres

Je prends mon vélo et je vole jusqu’à elle. Je sais ce qui va se passer. Je roule dans les rues de ma ville endormie. Il fait frais. Ça arrive. Ce matin et pas un autre jour. Je sais ce qui va se passer mais j’ai la tête dans le guidon. Pas le temps d’analyser. De voir si le décor correspond à ce que j’avais en tête. C’est elle mais est-ce que ça pourrait être une autre ? Je sonne. Elle ouvre la porte d’un air décidé. Nous sommes seuls dans sa maison. Nous montons dans sa chambre. Je n’ai jamais été aussi près. Maintenant. J’ai la tête dans ses bras. Son corps contre le mien. Nous deux dans un lit une place et forcément mon corps au-dessus du sien. Son ventre est chaud et ça m’apaise. Je ferme les yeux. Je ne vois rien de ce qui se passe mais je sais que c’est en train d’arriver. Qu’est-ce que je vais garder de cet instant ? Elle m’embrasse. Ça vient. Ça passe trop vite. Je ne peux pas contrôler mon désir. Je jouis par à-coups et réprime un soupir. Elle se soulève légèrement et me regarde avec surprise. « C’est la première fois ? » Je rougis. C’est fait. En bas j’entends le courrier qui tombe dans la boîte aux lettres.

Ne pas me sentir

Les poils c’est dur à avaler mais avec la cire j’en viens à bout. Quand ça repousse je dégaine des bandes et je tire un bon coup. Ça fait mal mais quelque part ça fait du bien. La voix c’est drôle on dirait que ce n’est pas la mienne. Quelqu’un me pousse dedans. Des décoctions du citron s’il le faut j’irai jusqu’à l’eau de javel. Question formes je règle le problème en prenant systématiquement deux tailles au-dessus. Et voilà que l’odeur déboule. Au début un fumet sans prétention qui s’insinue dans les mailles de mes camisoles et me chatouille mes narines. Je change de vêtements en catastrophe. Rien n’y fait. Je pue.

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Plusieurs possibilités :

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