PUSH UP — ROLAND SCHIMMELPFENNIG

LEMONNIER

J’entends de l’eau. Il n’y en a pas, mais je l’entends. En plein mois de juin. Il fait chaud. On m’appelle du huitième, du neuvième et du dixième étage pour savoir ce qui se passe. Je n’en sais rien. J’ai été à la cave. La pression de l’eau est stable. Mais à partir du huitième étage, tous les robinets sont à sec. Les huitième, neuvième et dixième étages sont privés d’eau. Comme si l’eau s’évanouissait au septième étage. Il y a peut être une fuite. Peu probable. Et ce genre de fuite, une rupture de conduite, ne passerait pas inaperçu longtemps. Cela suinte le long des murs, sur les planchers, dans les couloirs.
Mais j’entends l’eau. Je l’entends derrière les murs. Je l’entends monter. On dirait une mélodie. La trace d’une mélodie dans les couloirs. La mélodie de la cage d’escalier. Une trace qui mène au septième, histoire de vérifier. J’entends l’eau tout le long. L’ascenseur fait un bruit, comme s’il allait à nouveau tomber en panne. Septième étage. A droite, quinze appartements et l’ascenseur, à gauche seize appartements. De chaque côté, les mêmes trois pièces, cuisine, salle de bains. Au bout du couloir, à droite du 7-32, se tient Fatima Mansour, la colocataire libanaise de mademoiselle Derval. 7-32, ça veut dire balcon de la cuisine et fenêtre orientés sud-est et salle de bains, ouest. La colocataire libanaise essaie d’ouvrir sa porte avec trois sacs à la main, mais pourquoi se complique-t-elle la vie ? Pourquoi ne dépose-t-elle pas tout son bazar ?

FATIMA

L’ascenseur fait un bruit, comme s’il allait à nouveau tomber en panne. Ouvrir la porte avec trois sacs en plastique à la main, ce n’est pas si simple. Ça ne marche pas.

LEMONNIER

Elle fait tomber la clé – c’est toujours mieux que les sac.

FATIMA

Ma clé tombe, mais du coude j’arrive à attendre la sonnette. Pourvu que Vanina soit là. Bien sûr qu’elle est là. Pourvu qu’elle entende la sonnerie. Lemonnier, le concierge, arrive le long du couloir dans sa salopette gris-bleu. Il fait chaud.

LEMONNIER

Elle sonne à nouveau. Elle s’y prend en appuyant son coude gauche sur la sonnette, de tout son corps avec tous ses sachets.
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Plusieurs possibilités :

Commander le texte dans une bonne librairie (Editions Lansman)

L’emprunter à la médiathèque du Mans

Venir le lire à la bibliothèque-centre de ressources du théâtre Paul Scarron. Le fonds est composé de 2000 textes édités ou non, d’ouvrages de référence, de pédagogie, d’histoire du théâtre, …. N ‘hésitez pas à nous appeler pour annoncer votre visite.

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