MAMAN ET MOI ET LES HOMMES

de A.I.S LygreAddition théâtre

Deux histoires se racontent dans cette pièce écrite en 1998.
La première relate l’histoire de la famille Pedersen, de 1943 à nos jours :
Sigurd et Gudrun se marient et ont une fille Liv qui se marie avec un autre Sigurd, ils ont une fille Gudrun qui « rencontre » un autre Sigurd. Et aux fils des ans, la cohorte des petites joies et des grands malheurs. C’est une saga. Un Dallas norvégien.

La seconde met en prise l’auteur de cette histoire avec ses personnages :
Ceux-ci obligeant celui-là à trouver, au fur et à mesure du déroulement de l’histoire, des solutions pour poursuivre l’aventure.

Entretien avec A.I.S Lygre

T.V. : Cette pièce longue et très construite semble le fruit d’un long travail.

A.I.S.L. : J’écris de la façon dont j’écris mais c’est vrai que c’était une longue gestation, de près de deux ans.

T.V. : Votre pièce semble construite comme une petite saga qui ferait penser à un scénario cinématographique.

A.I.S.L : On m’a souvent posé cette question, à cause de la structure, des dialogues très courts et des monologues très courts. Pour moi, c’est au contraire construire de la théâtralité sur la scène, une nouvelle manière de raconter des histoires avec cette forme. Je ne crois pas que ce serait un bon film, c’est fait pour la scène, et aussi les monologues qui ne sont pas cinématographiques. Mais je vois ce que vous voulez dire. Il y a des connexions. C’est vrai que que je suis quelqu’un de ma génération, je vois beaucoup de films, et on ne peut jamais savoir d’où viennent nos influences.

T.V. : Votre pièce laisse aussi beaucoup de place à des possibilités de mise en scène, comme un scénario en laisserait à un réalisateur.

A.I.S.L. : Oui. C’est pourquoi c’est si fascinant de travailler pour le théâtre, parce que des gens vont collecter votre travail et vouloir le réaliser sur scène. Les trois mises en scène de cette pièce furent très différentes. J’essaie de laisser le texte ouvert tout en contenant mes sujets de prédilection.

T.V. : Le sentiment de répétition de l’histoire qui traverse les générations nous laisse l’impression amère qu’il est difficile aux hommes de produire de la « différence » par rapport à leurs origines.

A.I.S.L. : Quelquefois tout est possible dans la vie. Mais dans cette pièce c’est la crainte du changement en un sens qui empêche les personnages de s’en sortir, et quand ils s’en vont, c’est trop tard. Personnellement, j’aurais été très déprimé d’avoir à subir le poids des générations passées sans pouvoir rien y changer. La pièce est construite autour des forces de ces relations qui font tenir ces gens ensemble, les obligent à se tenir ensemble. D’où le sentiment qu’il n’y a pas de différence. Pour moi, le début et la fin sont aussi bien la même chose et le contraire pour les personnages. C’est très difficile à expliquer.

T.V. : Il y a quelque chose de vraiment scandinavien dans votre pièce, un esprit, une géographie.

A.I.S.L. : J’habite en Norvège, sur la côte Ouest. Cette pièce n’est pas localisée en un endroit particulier. J’ai bien sûr des images de cette petite ferme, du lieu, mais je ne peux pas dire. Même au Danemark ils disent que c’est très norvégien et en Suède aussi. Je vis en Norvège, je suis norvégien, donc forcément c’est de là que ça vient.

Entretien réalisé et traduit de l’anglais par Tanguy Viel

Avec
Loïc Auffret
Claudine Bonhommeau
Christophe Gravouil
Laurence Huby

Mise en scène : François Chevallier
Scénographie : Anne Pitard
Eclairagiste : Etienne Dousselin
Régisseur général : Thierry Deschamps
Conseiller musical : Xavier Plumas

Coproduction : Addition Théâtre, Le Carré – Scène Nationale de Chateau-Gontier, La Pyramide – Scène Nationale 61.
Résidence : Studio Compagnie Marie Lenfant – Le Mans, La Closerie – Montreuil Bellay, Le Carré – Scène Nationale de Chateau-Gontier, La Pyramide – Scène Nationale 61.
Avec le soutien du Théâtre de l’Ephémère.

Addition Théâtre est subventionnée au fonctionnement par le Conseil Général de la Sarthe et le Conseil Régional des Pays de la Loire.

 

 Dates

15 mars 2006 à 20h30
16 mars 2006 à 18h30
17 mars 2006 à 20h30

Théâtre Paul Scarron

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