Ma famille

mafamille

KF Productions (Bretagne)
de Carlos Liscano

Conte généalogique truculent et cruel

Dans cette pièce située en Uruguay, on vend les enfants comme on respire : pour survivre. Aucun jugement moral n’est donné.
Les enfants comme les parents trouvent cette situation normale. On en vend un quand on a du mal à finir le mois ou quand il faut un nouveau frigidaire. On les rachète parfois aussi, par exemple pour une fête de famille. Le narrateur raconte son parcours, du petit garçon que ses parents ne mettaient pas sur le marché parce qu’il n’était pas beau, à l’homme qu’il est devenu et qui tout naturellement s’est mis à vendre son père. On traverse cette histoire traitée avec cocasserie et tendresse en admirant la virtuosité d’un auteur qui nous fait passer du récit au théâtre sans qu’on n’y prenne gare.

L’adresse directe au public et le choix du jeu frontal affirment la violence du texte que les narratrices assument avec beaucoup d’ humour.
Drôle, cruel et critique, Ma famille est une tragi-comédie contemporaine sur les liens familiaux. L’enfant victime de la cupidité de ses parents, devient malgré-lui en grandissant vendeur, en faisant commerce des membres de sa famille. Est-ce le signe du déclin tragique de la famille, ou le témoignage troublant de ce qui fonde la famille ? Le spectacle est une description guignolesque d’une société de consommation “en crise”, un témoignage de ce qui ressemble de près et de loin à notre univers quotidien et une critique caustique du pouvoir libéral et marchand qui fragilise la cellule familiale.

Ma Famille n’est pas un texte écrit pour le jeune public, c’est un texte de théâtre tout simplement.

Du 12 au 16 janvier
Lundi 12 et jeudi 15 à 18h30
Mardi 13, mercredi 14 et vendredi 16 à 20h30

Durée : 1h
Traduction : Françoise Thanas
Éditions Théâtrales
Mise en scène et jeu : Camille Kerdellant et Rozenn Fournier
Collaboration artistique : Michaël Egard
© Photographie En-Phase

Un article du magazine les trois coups a été réalisé à la suite d’une des représentations au Scarron.

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