LES INAVOUABLES

de Catherine Zambon Les Fous à réaction (associés)

Les Inavouables sont autant de pièces d’un puzzle sans modèle mais qui porte en lui la promesse d’un regard sur le monde d’aujourd’hui dans ce qu’il a de plus effrayant, mais aussi de plus drôle et de plus émouvant. C’est ici le langage qui doit faire exister ces « personnages de théâtre », les faire surgir puis disparaître. Et c’est autant la forme de cette langue que son contenu qui va nous rappeler celui ou celle qu’on a déjà rencontré dans la « vraie vie ». Et ce n’est plus seulement pour un « bonjour » ou un regard en douce, c’est ici dans l’intimité d’une parole libérée, toute l’humanité révélée de cet autre auquel on ne croyait plus.
Les petites confessions dans la grande catastrophe de la vie… les petites histoires qui existent dans la grande…

Extrait

Une jeune fille, Léa
Ca se voit ? Je fume si je veux, c’est pas une loi de prout qui va me prendre le choux, ça me fait les nerfs et je sais que pépé est mort de ça, les poumous, avec ces gauloises qu’il n’en pouvait plus, OK. Tu fumes pas, tu bois pas, t’es un bouffon, quoi. Il n’y a que les vieux qui ont le droit de faire leur vie comme ils veulent. Tandis que nous. A seize ans t’as pas le choix, si tu veux pas avoir l’air d’une taspé tu fumes, tu bois, etc. Je fais ce que je veux et toi tu es si belle maman, tu ne bois pas, tu ne fumes pas et tu dis oui si tu veux à qui tu veux, à personne à part Paul, je crois, ça me gonfle. Ca me fou la honte d’avoir une mère qui est directrice de la caisse d’épargne je ne peux pas saquer l’argent et papa qui est aux Antilles. Avocat pour les pauvres, mon oeil. Les divorcés, y devraient pas avoir le droit de se quitter avant que nous on ait dit OK c’est bon et est-ce que ça se voit ? Il pouvait pas attendre deux ans, papa, non ? OK OK. Je boufferai si je veux d’accord ? Le nutritionniste, il a dit le chocolat OK, la viande aussi et les légumes. Rien vu le nutritionniste. La verdure, je la gerbe, je bouffe si je veux et toi maman tu peux t’enfiler un paquet entier de brownies au chocolat et on dirait que tu maigris tellement ça pète d’os. Quand à papa il est tellement gros, qu’il reste où il est, il s’engraisse là-bas. Bien sûr que mes potes ils viennent à la maison pour te voir, je le sais, même Lee il a proposé de faire le jardin, je rêve, la tondeuse de son père il peut l’avoir, alors tu parles, il viendrait bien tondre chez nous le dimanche matin comme ces vieux culs qui nous gonflent dès 7 heures à rendre leur pelouse aussi dépoilue qu’un dessous de bras barbie. Moi, j’aime mes poils je les tonds si je veux c’est ce que j’ai dit à Paul. OK…

Texte de Catherine Zambon

Mise en scène : Vincent Dhelin
Collaboration artistique : Olivier Menu

Avec : Sophie Bourdon, Olivier Chantraine, Delphine Delafosse, Olivier Menu, Philippe Peltier
Lumières : Annie Leuridan

Assistante à la scénographie : Christelle Delcambre
Mouvement : Bérénice Legrand

Co-production : Le Vivat, scène conventionnée d’Armentières. Avec le soutien des Scènes d’Abbeville.

 

Dates

Mercredi 29 novembre à 20h30
Jeudi 30 novembre à 18h30

Théâtre Paul Scarron

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