LE TIGRE BLEU DE L’EUPHRATE

de Laurent GaudéCompagnie Bivelas (Congo)/Unité de création Théâtrale

Alexandre va mourir. Après avoir battu le grand Darius, conquis Babylone et Samarkand, après avoir construit des villes et fondé un immense empire, il est terrassé par la fièvre. Il ne lui reste que quelques heures à vivre. Il ne tremble pas. Il contemple la mort et l’invite à s’approcher pour lui raconter lui-même ce que fut sa vie.Alexandre parle et la mort l’écoute. Le laissant revivre l’ivresse de son épopée et ressentir, une dernière fois, le désir. Celui de ne jamais interrompre sa course. De s’enfoncer toujours plus loin, dans des terres inconnues. Le désir de rester toujours fidèle à cette soif intérieure que rien ne peut étancher.

Texte de Laurent Gaudé, publié chez Actes Sud-Papiers

Mise en scène et scénographie : Jack Percher

Avec : Pierre Claver Mabiala et Aimée Patricia Mavoungou

Le spectacle a reçu le soutien du Centre Culturel Français de Pointe-Noire, de la Ville d’Angers, du Conseil Général du Maine et et Loire et du Conseil Régional des Pays de la Loire

Comment est né le projet

En 1996, je rencontre Georges M’Boussi, comédien congolais vivant en France, lors d’une création à Avignon. Un premier travail qui en appellera d’autres puisque nous créerons deux nouveaux spectacles ensemble.
Georges retourne souvent dans son pays d’origine pour y voir sa famille, mais aussi pour y rencontrer de jeunes comédiens, techniciens qui font en sorte que le théâtre trouve sa place dans la vie des africains. Une démarche qui lui tient à cœur tant les difficultés sont grandes. Il souhaite m’associer à ce travail et, en 2002, me met en relation avec Pierre Claver Mabiala qui dirige l’espace culturel Yaro et la Compagnie Bivelas à Pointe-Noire. Je propose à Pierre de venir travailler avec moi, comme assistant, sur un de mes projets en France; Pendant trois semaines, non seulement nous apprenons à travailler ensemble, mais surtout nous échafaudons des projets pour l’avenir. Nous découvrons que nous avons une passion commune pour le texte de Laurent Gaudé « Le tigre bleu de l’Euphrate ».
A l’automne 2004, je me rends avec Henri Uzureau à Pointe-Noire pour y jouer « Le jour où j’ai failli » et y animer un stage. Une rencontre décisive avec les comédiens et techniciens congolais qui entérine pour nous la nécessité d’aller plus loin et de monter un spectacle ensemble.
Le 27 octobre 2005, nous avons créé « Le tigre bleu de l’Euphrate » à Pointe-Noire au Congo. Premier jalon d’une collaboration qui, nous l’espérons, se poursuivra dans les années à venir.

Jack Percher

Ce qu’il y a de fascinant dans « Le tigre bleu de l’Euphrate », ce n’est pas seulement l’épopée d’Alexandre le Grand – conquérant sanguinaire, constructeur insatiable, amoureux des arts, curieux de tout – les livres d’histoire nous racontent tout cela, ce n’est pas le propos de Laurent Gaudé. Ce qu’il y a de fascinant, c’est le rapport qu’entretient cet homme avec son dernier adversaire, la mort. Un combat dont il sait et accepte l’issue. Il n’y a pas de révolte, juste une mise au point. Une dernière provocation où Alexandre mourrant n’évoque que la vie, la passion, le désir… choisissanr lui-même l’instant de ses derniers mots.
Et nous finissons par marcher à côté de lui, laissant ça et là nos certitudes pour partager cette quête de l’intouchable, oubliant même que la mort est inéluctable.
Ce monologue dont la langue a à voir avec la scansion, avec une énergie de derviche tourneur est un cri intense qui chasse l’immobilisme, les croyances de tout bord.
Il faut avancer, comprendre l’autre…
Dans ce mouvement, partager le travail avec des comédiens d’Afrique noire me semble un cheminement tracé par la lecture du texte. Nous arriverons sur le plateau avec nos cultures, nos images, nos croyances et tels des apprentis nous devrons apprivoiser, comprendre le maniement de nos outils références.
Etre un peu sur les traces d’Alexandre l’architecte et construir un moment théâtral né de multiples fondations.

 

Dates

Jeudi 1er mars à 18h30
Vendredi 2 mars à 20h30

Théâtre Paul Scarron

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