Le début de l’A

de Pascal Rambert – Compagnie Adesso e Sempre

Plus qu’un spectacle de théâtre, le Début de l’A. est un morceau de vie que l’on pénètre tous sens en éveil. Il s’adresse résolument aux générations bien vivantes et pleines de ressort. Il réussit à faire entendre une écriture particulière à un public très large. Par un travail d’acteur et de mise en scène sans concession, il fait de la vraie/fausse intimité de Pascal Rambert, le jardin fantasmatique de presque tous (jeunes ou moins jeunes – mais encore vigoureux !). Il célèbre le bonheur et la spontanéité de l’état amoureux, il est vif et urgent à croquer comme une glace qui fond trop vite.

L’écriture métaphorique et crue, trouve son pendant sur scène dans la direction des comédiens, du musicien, dans le choix d’une scénographie bi-frontale intégrant les techniques numériques visuelles et sonores.

Tantôt Alex et Vanessa sont en suspens entre deux sensations de manque, tantôt mordent-ils à pleines dents la chair capricieuse. Ils se sont attendus mille ans. Ils sont là, vrais dans leurs appétits, dans leur corps, dans leurs doutes, dans leurs jeux, dans leurs fantasmes.
La poésie de Rambert est leur langue, elle nous projette sur la ligne « over the Alantic Ocean sur la ligne courbe Barbès Rochechouart, Fulton street Brooklyn… »

Pascal Rambert s’intéresse dans ce texte au rapport amoureux ou plus exactement au trouble dans lequel nous met le manque de l’autre. En effet, il place entre deux amants l’Océan Atlantique. Les séparer est un formidable ressort dramatique pour raconter cette impossibilité à n’être qu’un.

L’auteur décide non seulement d’éloigner ses personnages géographiquement, mais aussi dans la forme dramatique, puisqu’il n’y a pas, ou rarement, de dialogues à proprement dit. La parole a un statut étrange, plus proche d’une voix intérieure. Et quand il y a dialogue, les amants ne sont pas ensemble, ils échangent des pensées plus que des paroles. Ils sont chacun, un, séparés. Remplis du manque de l’autre.

Mise en scène : Julien Bouffier/Compagnie Adesso e Sempre

Avec :
Vanessa Liautey, Alex Selmane, Dimoné

Scénographie : Emmanuelle Debeusscher et Julien Bouffier
Création musicale et sonore : Dimoné, Eric Guennou
Création lumière : Christian Pinaud
Costumes : Anne-Sophie Séguiniol

Coproduction : Compagnie Adesso e Sempre –
CCAS EDF/GDF – Scène Nationale/Théâtres de Sète
Aide à la création et à la diffusion de la SPEDIDAM
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Texte publié aux Editions les Solitaires Intempestifs

 

Dates

21 janvier 2004 à 20h30
22 Janvier 2004 à 18h30

Théâtre Paul Scarron

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