La paix

Théâtre de l’Ephémère

Monter « La Paix » aujourd’hui peut sembler un choix facile.

Toutefois si l’idée d’une nécessaire pacification universelle est communément admise, il faut bien reconnaître que vingt-quatre siècles après la représentation de cette comédie, elle n’a toujours pas été suivie d’effet.

Alors, n’est-il pas urgent, face aux démêlés complexes auxquels nous sommes confrontés, de porter à nouveau la parole d’Aristophane en faveur de la paix ?


Que raconte la pièce ?

L’athénien Trygée, dit La Vendange, est décidé à aller demander à Zeus des explications sur les motifs des guerres qui affligent la Grèce.
Mais les dieux, déçus par le comportement des hommes, ont déménagé dans des régions célestes plus élevées. Sur les lieux abandonnés règne maintenant en maître absolu Polemos, la Guerre.
Le dieu qui a enfoui la Paix dans une caverne, s’apprête d’ailleurs à broyer définitivement les cités grecques.
Notre héros Trygée n’a plus d’alternative. Appelant en renfort Hermès et les représentants des cités, il lui faut illico délivrer la Paix…

… Comique… Politique… Poétique…

Le premier projet d’Aristophane est de faire rire. Sa loi intime est celle du comique. Un comique à la portée de tous, proche de la commedia dell’Arte ou des facéties individuelles dont Molière connaissait le prix, un comique établi sur l’observation de ses concitoyens.

Cependant, si le caricaturiste qu’est Aristophane grossit le trait c’est avant tout pour dénoncer tous ceux qui empêchent Athènes d’être « avec son diadème de violettes, celle que tant d’hymnes ont chantée… », ceux à qui profite la guerre, les fournisseurs de l’armée, les politiciens ambitieux, ceux qui sabotent les négociations et jusqu’aux prêtres et devins qui exploitent la crédule angoisse du peuple.

Il y a quelques temps, un animateur de théâtre qui demandait à ses spectateurs ce qu’ils attendaient de lui, s’entendait répondre : « quelque chose qui nous concerne et nous fasse rigoler ».

Voilà une définition très simple de la comédie à laquelle je m’associe, surtout lorsqu’elle s’inscrit comme dans « La Paix » dans un élan poétique.

Car il est un aspect d’Aristophane moins souvent mis en exergue : il est poète.
Aristophane aime les mots, il les fait vivre, il les invente, les reconstruit et les anime, les amalgame ou les fait s’envoler.
Fabricateur de génie, précurseur de Rabelais, comme lui, il nous est proche et nous échappe, déployant la grande poésie en contrepoint du langage commun et de la bouffonnerie.

Aristophane en cela nous comble, questionnant la complexité de l’humanité : animalité, quotidienneté, utopie et poésie intimement mêlées avec le rire comme principal ingrédient.

Jean-Louis Raynaud.

 

D’après la comédie d’Aristophane

Adaptation Jean-Louis Raynaud
Avec la complicité de Laure Delannoy et Dany Porché

Mise en scène Jean-Louis Raynaud

Avec
Philippe Blancher
Roland De Pauw
Christophe Gravouil
Véronique Guichard
Jacques Lavergne
Henri Uzureau

Musique originale Jacques Lavergne
Décor et costumes Jean-Yves Legrave
Lumières Philippe Lacombe
Construction du décor Michel Gautier, Gilles Charmot
Peintures Christine Huet
Régies Pascal Batard, David Boutin

Photos du spectacle : http://www.flickr.com/photos/theatredelephemere/sets/72157627060317786/

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