La lune des pauvres

de Jean-Pierre SiméonThéâtre Octobre

Entre l’amour et l’horreur, juste la place d’un monde, le nôtre. Et comment se fait-il que, lorsque passe une espérance, on lui fasse la peau comme des voyous ivres dans le fond d’une impasse tuent et re-tuent leur seule raison de vivre ?
La lune des pauvres est une tragédie baroque. C’est l’histoire de deux types, braves et vulgaires, voués au non-lieu de leur pauvreté, forts
embarrassés de cette immérité beauté qui leur tombe entre les mains, une étrangère ironique et tendre qui vient là pour mourir.

Jean-Pierre Siméon

 

Notes de mise en scène

La pièce fonctionne comme une tragédie contemporaine en ce sens que tout y est raconté avant le déroulement de l’action. Mais bien que nous sachions ce qu’il va arriver, nous sommes comme suspendus à quelque chose d’inexplicable.

La pièce est également très cinématographique. A l’instar du « Looking for Richard » d’Al Pacino, elle propose, via l’errance des personnages, de nombreux lieux d’action. Un des aspects du travail consistera à imaginer le lieu idoine et unique dans lequel se dérouleront tous les épisodes de ce « Road Movie » ; un endroit à la fois concret et poétique, invitant l’imagination à construire ces fictions. Le spectacle sera donné dans la cage de scène nue (où il y a quatre murs si l‘on compte ce fameux quatrième mur du théâtre), dans une configuration qui induira et la proximité, et le partage : deux murs pour les acteurs, deux murs pour les spectateurs.

On pourrait imaginer que nous sommes dans un foyer du Secours Populaire où les résidents, à la suite d’un stage de théâtre, font devant les autres la présentation de leur travail sur le thème : « Peut-on représenter sur scène, avec suffisamment de crédibilité, le spectacle de la misère et de la pauvreté ? »
Il faut en effet se poser la question de la condition réelle de ces personnages ; sont-ils réels ou sont-ils joués ? C’est pourquoi nous conterons dans cette « Lune des pauvres » l’errance des personnages mais aussi, pensant à Pirandello, celle des comédiens, et situerons la pièce, à ce niveau là aussi, entre fiction et réalité.

Les personnages sont d’inspiration brechtienne : ce sont les jumeaux de Chaplin et de Buster Keaton. L’univers de Beckett est présent également car on peut voir chez Vrogne et Pinaille notamment la figure du clown métaphysique, en attente de sens ou tout simplement d’un regard.
Quant au chœur il est à la fois le metteur en scène, le maître du temps et la voix de la société.

Didier Kerckaert – Juillet 2004

 

Editions Les Solitaires Intempestifs

Mise en scène : Didier Kerckaert

Lumières : Bernard Duployez
Costumes : Alexandra Charles

Avec :
Anouchka Vingtier, Nicolas Dufour,
Xavier Mémeteau, Luc Samaille

 

Dates

Vendredi 19 Novembre 2004, à 20h30
Samedi 20 Novembre 2004, à 20h30

Théâtre Paul Scarron

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