J’HABITE UNE BLESSURE SACREE — MIREILLE PERRIER

PROLOGUE
A/ Le choeur : Qui sommes-nous ?
Grand espace, lune, une petite silhouette, une lunette à la main…
Le Choeur : 4 voix séparés off son d’écho…
Qui suis-je ?
Qui sommes-nous, nous autres hommes ?
Quelle est notre mesure, alors que l’univers, est chaque jour et en tous
sens mesuré ?
Qui sommes nous dans notre taille, nous autres hommes ?
Le Choeur : 1 voix
L’arpenteur du ciel est tout récemment venu avec sa lunette, c’est plus
récemment encore que l’arpenteur de l’atome est venu avec sa lunette.
L’atome et le ciel avaient besoin d’être agrandis pour être distingués,
l’un parce que la distance le rend petit, l’autre parce qu’il est réellement
trop petit.
Choeur : 4 voix séparées off son d’écho…
Où sommes nous entre la grandeur du ciel et l’infini petit de l’atome ?
Que sommes nous physiquement par rapport à l’univers ?
Que sommes nous moralement, que sommes nous en rapport à un
ensemble, qui non seulement nous ignore, mais encore s’ignore lui-
même ?
Le Choeur : 1 voix
Le ciel et l’atome ont eu besoin, d’être rapproché de nous, avant de
commencer à vivre vraiment pour nous, avant que nous nous sentions
menacés.
Ils ont eu besoin d’être grandement rapprochés de nous, c’est-à-dire
qu’on a dû renforcer la parenté (par rapport à notre taille) qu’ils
pouvaient avoir avec nous ; puis ils ont été lâchés de nouveau, prenant
chacun leur place dans l’espace avec leur propres dimensions
accablantes pour nous.
Choeur : 2 voix son d’écho…
Est-ce que la taille physique de l’homme compte seulement
encore ?
Peut-elle être distinguée par quelqu’un d’autre que nous-mêmes, qui
ainsi sommes condamnés à nous considérer nous-même et puis c’est
tout ?
Le Choeur ensemble à l’unisson
Qu’est ce que ça veut dire ?
Qu’est ce que ça veut dire pour nous ?
Noir !

Première page du texte « J’habite une blessure sacrée » publié aux Editions Albin Michel
– Livre de poche
Adaptation de « La haine de l’occident » de Jean Ziegler

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