INFORMATION SUR LE SCHNAPS — LUC TARTAR

 

La mère : Raymond où t’as mis l’information sur le schnaps ? (temps) Raymond tu m’entends ? (temps) Raymond ? (temps) J’m’en vais voir à la cave.

 

La porte de la cave

Le fils :  La porte de la cave est une antiquité. Blanche. Coulissante. En plastique dur. Datant des années 70. La porte de la cave se prend pour un accordéon. Grâce à sa structure articulée elle se dilate et se replie sur elle-même comme n’importe quel instrument à soufflet. Et ce faisant elle émet des grincements insupportables dans toute la maison ; il faut dire que la porte de la cave coulisse sur un rail qui n’a pas été graissé depuis son installation. Quand on ouvre la porte de la cave c’est une véritable torture. Une plainte animale venant des profondeurs des temps qui s’élève en crescendo. Un crissement hystérique suivi de hululement de la chouette en détresse. De quoi vous foutre le moral à zéro. Quand on ferme cette putain de porte c’est pareil. Criiiouuu… Il est impossible d’aller à la cave sans ameuter tout le quartier.

 

(Temps)

 

Qu’est-ce que tu fous à la cave ?

 

La mère : Je suis chez moi quand même.

 

Le fils : Si tu crois que je n’ai pas entendu cette putain de porte…

 

La mère : J’ai bien le droit d’aller à la cave.

 

Le fils : Criiiouuu… J’entends ça partout dans la maison. Quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit… A peine t’ai-je croisée quelque part que l’instant d’après j’entends la porte grincer. Et quand pendant quelques minutes je te perds de vue le seul grincement de la porte de la cave suffit à me renseigner sur ta présence dans la maison. Tu es là. Manifestement encore vivante. Tu agis sur ton environnement avec beaucoup de doigté et pas mal de suite dans les idées. La porte de la cave. Cette façon que tu as de la manipuler tout doucement… Avec mille précautions. Comme si tu craignais qu’on te surprenne… ou plutôt la maniant avec volupté. En faisant durer le plaisir. Criiouuu… Toujours quand je suis occupé ailleurs j’entends la porte grincer. De préférence quand je suis dans les chiottes. Ou dans mon bain. Ces instants d’abandon absolu qui me laissent peu de cartes en main et aucune liberté de manoeuvre. Sauf à surgir le cul en l’air. Quelle scène. Moi. Dévalant l’escalier.Jaillissant dans le couloir et osant t’affronter de regard. Pour dire quoi ? Combien se sont plantés à sortir ainsi en catastrophe des toilettes… Le pantalon sur les chevilles et la queue basse. Qu’est-ce que tu fais ? Lâche donc cette porte. Je t’interdis de… La porte de la cave. Je préfère ne pas y penser. Me boucher les oreilles. Faire le mort.

 

(temps)

 

Qu’est-ce que tu fous à la cave ?

 

La mère : Ca va pas de gueuler comme ça ? Pour qui tu me prends ?

 

Le fils : Cette putain de porte… Je vais la flinguer…

 

 

 

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