Théâtre de l'Éphémère

Dernier rail

de Joël Jouanneau
Théâtre de l’Échange (Bretagne)

CREATION

Dernier Rail est une comédie mapuche que j’ai écrite d’après une histoire vraie. Celle d’un apprenti maçon qui décide brutalement et sans prévenir qui que ce soit, de quitter à vingt ans son village natal. Trois décennies plus tard, il est devenu Ferdinand VII, roi de Patagonie et des indiens mapuches.

Une jeune chercheuse, native du même village, part sur ses traces afin de comprendre les raisons de son départ, ainsi que le comment et le pourquoi de son sacre. Elle arrive à Colchique de Cuchillo alors même que le roi s’apprête à prononcer un important discours à la nation. Par respect de sa constitution, il accorde à la jeune doctorante un droit de visite limité à soixante minutes.
C’est un peu court, certes, pour passer au peigne fin une telle odyssée, mais il peut se passer bien des choses en une heure entre deux personnes qui jouent leur existence au poker menteur. Joël Jouanneau – Juin 2017

 

17 et 18 mai
Jeudi 17 à 18h30, vendredi 18 à 20h30
Durée : 1h05

Mise en scène :
Joël Jouanneau et Hélène Gay
Avec : Caroline Bonis et Jean Le Scouarnec
Collaboration artistique : Thomas Cottereau

> Une rencontre avec l’équipe artistique vous est proposée à l’issue de la représentation du jeudi 17 mai.

Je suis né en 1946 à la Gaillotière, dans une ferme du Loir et Cher, près du bourg de Cellé, où je demeure, avec mes parents et mes deux sœurs, jusqu’en 1952. A l’origine, ma mère était domestique de la ferme dont mon père était le fils du fermier. Les dettes s’accumulant, la famille s’installe durant trois années à Fontaine les coteaux où les grands parents maternels tiennent le petit bureau de poste. C’est donc sans doute par piston que mes parents deviennent facteurs auxiliaires du canton de Montoire. Envoyé en éclaireur dans la région parisienne, muni d’une bourse républicaine, je suis interné au lycée Marcel Roby de Saint-Germain en laye. Finalement renvoyé, après deux années d’expérimentation du statut de souffre douleur, je retrouve ma famille à Nanterre. Le père est devenu titulaire au centre de tri du XVIIIème, il arrondit nos difficiles fins de mois tôt le matin aux Halles, la mère usinant, elle, à France-Tapis. En 1963, c’est Saint-Denis, et la cité HLM Pierre Semard. La mère quitte les tapis pour les valves Bardin, entreprise sous-traitante de Michelin. Simple employée elle y deviendra cadre commercial. A la fin d’études agitées au lycée Paul Eluard, je passe finalement mon baccalauréat, tout en animant une troupe amateur, le collectif du Grand Luxe de 1962 à 1983. En 1967, dans un car, je suis foudroyé par le regard et le visage de celle que j’épouse trois ans après et, depuis, je l’accompagne. De 67 à 85, j’effectue divers métiers, soit dans l’ordre : instituteur, employé du bureau d’aide sociale, puis coordinateur des affaires culturelles de la ville de Saint-Denis, journaliste à Révolution, l’hebdomadaire des intellectuels du PCF. Gauchiste en Mai 68, j’ai adhéré au parti le mois suivant. Ce même parti, au vu de la gravité de ses désaccords avec moi, refuse de me remettre ma carte en 1984, ce dont je lui reste reconnaissant. La même année, de retour du Moyen-Orient, j’écris Nuit d’orage sur Gaza, et réalise ma première mise en scène, une adaptation d’un roman de Botho Strauss : La dédicace, travail produit par le théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis, que dirige un frère et compagnon de toujours, René Gonzalez.

Je fonde ensuite ma compagnie L’Eldorado, et alterne l’acte d’écrire : obscurcir bien malgré soi une page blanche, et celui de mettre en scène : éclairer, du moins s’y employer, une boite noire. En 1990, l’école du théâtre National de Strasbourg faisant appel à moi pour diriger un atelier, me voici donc devenu pédagogue, passion à laquelle je m’adonne à Strasbourg puis au CNSAD de Paris. En 2001, je quitte la région parisienne pour la Bretagne, plus précisément à Port-Louis, et pour en savoir un peu plus sur les quelques clés de vie qui m’ont conduit à l’écriture et au théâtre, il faut lire Post-Scriptum, publié aux éditions Actes-Sud Papiers. Joël Jouanneau