Conte d’un matin sans lendemain

Jean-Yves Picq – Théâtre de l’Ephémère

Voici :
il était un paisible village quelque part sur la terre qui, chaque soir, attendait son lendemain avec calme et sérénité, sur ce principe, partagé par tous les habitants, qu’un lendemain ne pouvait être que radieux et chantant puisqu’il était fait pour parfaire la tâche entreprise la veille…

… Aussi, dans ce paisible et indolent village, les gestes de la journée étaient-ils lents et mesurés, chaque action entreprise le matin étant conçue comme la suite de l’action commencée la veille et l’amorce de l’action à entreprendre le lendemain.
Et cela était ainsi depuis la nuit des temps : chaque soir avait son lendemain, chaque lendemain son soir, afin que se prépare un nouveau lendemain.
Et c’est pourquoi les jours passaient paisiblement, sans cesser d’être actifs…

… Or il advint qu’un jour, au matin, les habitants qui se levèrent ce matin-là, découvrirent un ciel comme il y en avait eu à peu près chaque matin, depuis la nuit des temps et la fondation du village, mais ils virent tout de suite aussi, à un «ils ne savaient trop quoi», que ce matin-là était sans lendemain.

Lecture-performance avec micros, magnétophones, ordinateur, lampes articulées et chaise à roulettes .

Texte de Jean-Yves Picq 

Avec 
Didier Lastère

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