LE ROI SE MEURT Eugène Ionesco
Théâtre de l'Ephémère
En guise de résumé...
Extraits d'un entretien avec Paul-Louis Mignon. (13/01/1963. INA.)
Paul-Louis Mignon : La mort est-ce un thème qui vous hante ?
Eugène Ionesco : C'est un problème qui hante tout le monde je crois, quotidiennement, et cette pièce est une sorte de libération de cette angoisse. Et de cette libération devraient en profiter j'espère aussi les spectateurs.
Paul-Louis Mignon : Comment avez-vous eu l'idée du héros, de ce roi ?
Eugène Ionesco : Ce roi s'appelle Bérenger comme le personnage principal de plusieurs de mes pièces. (...) Pour moi c'est l'homme universel. Tout homme est une sorte de roi qui est au centre de l'univers. L'univers lui appartient jusqu'au moment où tout cela s'écroule.
Paul-Louis Mignon : Et l'univers de Bérenger est ici en train de mourir, de s'effondrer ?
Eugène Ionesco : C'est lui-même qui s'effondre, c'est lui-même qui disparaît. Alors tout disparaît avec lui. Ce royaume énorme qui est le monde et qui est le nôtre tant que nous sommes là.
Paul-Louis Mignon : Le roi Bérenger a deux femmes. Pourquoi ?
Eugène Ionesco : Oui, il est bigame mais nous avons tous deux épouses : c'est la vie et la mort.
Paul-Louis Mignon : Quelle est la signification du personnage du médecin qui est aussi un bourreau ?
Eugène Ionesco : Ce médecin-bourreau représente en quelque sorte la conscience collective, la conscience objective. Il y avait donc les deux femmes autour du roi et il devait y avoir le chœur. C'est plutôt un modèle classique de théâtre, il fallait donc un chœur. Juliette la servante, le garde et le médecin forment ce chœur.
Paul-Louis Mignon : Et donc au lever du rideau le roi apprend qu'il va mourir dans une heure et demi ?
Eugène Ionesco : C'est ça. Et en une heure et demi il s'effraie évidemment, il n'y croit pas et puis alors il a peur et ensuite il se met en colère, il est vexé. Comment doit-il mourir sans qu'il accepte lui-même et puis sa peur se mêle à la résignation, à la nostalgie et petit à petit il abandonne, il abandonne son royaume, il abandonne les siens, ou il est abandonné par les siens, il s'oublie lui-même et dépouillé de tout, nu, il peut mourir.


... Marie : J'espérais toujours...
Marguerite : C'est du temps perdu. Espérer, espérer ! Ils n'ont que ça à la bouche et la larme à l'oeil. Quelles moeurs !
Marie : Avez-vous revu le médecin ? Que dit-il ?
Marguerite : Ce que vous connaissez.
Marie : Peut-être qu'il se trompe.
Marguerite : Vous n'allez pas recommencer le coup de l'espoir. Les signes ne trompent pas.
Marie : Peut-être les a-t-il mal lus.
Marguerite : Les signes objectifs ne trompent pas. Vous le savez.
Marie : Ah ! Cette fissure !
Marguerite : Vous la voyez ! Il n'y a pas que cela. C'est votre faute s'il n'est pas préparé, c'est votre faute si cela va le surprendre. Vous l'avez laissé faire, vous l'avez même aidé à s'égarer. Ah la douceur de vivre. Vos bals, vos amusettes, vos cortèges ; vos dîners d'honneur, vos artifices et vos feux d'artifice, les noces et vos voyages de noces ! Combien de voyages de noces avez-vous fait ? ...
Marie : Il aime tellement les fêtes.
Marguerite : Les hommes savent. Ils font comme s'ils ne savaient pas ! Ils savent et ils oublient. Lui, il est roi. Lui, il ne doit pas oublier. Il doit avoir le regard dirigé en avant, connaître les étapes, connaître exactement la longueur de la route, voir l'arrivée. ...
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création au Théâtre Paul Scarron - Le Mans 11, 12, 13 octobre 2012 22, 23, 24, 25, 26 octobre 2012
13 novembre 2012 à la Salle Vasse - Nantes
dates à confirmer à Saran (45), Laval (53)...
... disponible en tournée saison 2012/2013 |
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« Liste des créations

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mise en scène Didier Lastère et Jean-Louis Raynaud avec Claire Aveline Margot Châron Louise Kervella Didier Lastère Philippe Lebas Amédée Renoux
Lumières : Stéphane Hulot Costumes : Christine Vallée
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