COMBAT DE NÈGRE ET DE CHIENS

de Bernard-Marie KoltèsThéâtre Icare

 « On rencontre parfois des lieux qui sont, je ne dis pas, des reproductions du monde entier, mais des sortes de métaphores de la vie ou d’un aspect de la vie, ou de quelque chose qui me paraît grave et évident » BM Koltès

… Dans un pays d’Afrique de l’Ouest, le chantier d’une grande entreprise française est en passe d’être fermé.

Il ne reste plus que Horn, chef de chantier à l’aube de la retraite, et Cal, un ingénieur.

L’arrivée simultanée d’une jeune femme que Horn a fait venir de Paris pour l’épouser, et d’un homme noir mystérieusement entré dans la cité des Blancs pour réclamer le corps de son frère, mort la veille, sur le chantier, va catalyser la violence latente de la situation.

(…) Combat de nègre et de chiens ne parle pas, en tout cas, de l’Afrique et des Noirs – je ne suis pas un auteur africain. La pièce ne raconte ni le néocolonialisme ni la question raciale et n’émet certainement aucun avis. (…)

J’avais été pendant un mois en Afrique sur un chantier de travaux publics, voir des amis. Imaginez, en pleine brousse, une petite cité de cinq, six maisons, entourée de barbelés, avec des miradors et, à l’intérieur, une dizaine de Blancs qui vivent, plus ou moins terrorisés par l’extérieur, avec des gardiens noirs, armés, tout autour.

C’était peu de temps après la guerre du Biafra : des bandes de pillards sillonnaient la région. Les gardes, la nuit, pour ne pas s’endormir, s’appelaient avec des bruits très bizarres qu’ils faisaient avec la gorge… Et ça tournait tout le temps. C’est ça qui m’avait décidé à écrire cette pièce, le cri des gardes.

Et à l’intérieur de ce cercle se déroulaient des drames petits-bourgeois comme il pourrait s’en dérouler dans le seizième arrondissement : le chef de chantier qui couchait avec la femme du contremaître, des choses comme ça…

Ma pièce parle peut-être un peu de la France et des Blancs : une chose vue de loin, déplacée, devient parfois plus symbolique, parfois plus déchiffrable.

Elle parle surtout de trois êtres humains isolés dans un lieu du monde qui leur est étranger, entourés de gardiens énigmatiques. J’ai cru – et je crois encore – que raconter le cri de ces gardes entendu au fond de l’Afrique, le territoire d’inquiétude et de solitude qu’il délimite, c’était un sujet qui avait son importance (…).

Bernard-Marie Koltès

Extrait

Alboury :
Depuis que le chantier a commencé, le village parle beaucoup de vous. Alors j’ai dit : voilà l’occasion de voir le Blanc de près. J’ai encore, monsieur, beaucoup de choses à apprendre et j’ai dit à mon âme : cours jusqu’à mes oreilles et écoute, cours jusqu’à mes yeux et ne perds rien de ce que tu verras.
Mise en scène :Christophe RouxelAvec :

Philippe Houriet
Moanda Daddy Kamono
Didier Royant
Afra Waldhor

Scénographie :
François Corbal
Christophe Rouxel
Paul Seiller

Costumes :
Odile Raitière

Lumières :
Christophe Olivier

Son et vidéo :
Benjamin Rouxel

Régie lumière :
Christophe Olivier

Régie générale :
Paul Seiller

Décor fabriqué par les ateliers du Grand T – Scène conventionnée Loire-Atlantique.

Un spectacle présenté dans le cadre de Voisinages, temps fort pour les compagnies de la région, manifestation soutenue par le Conseil Régional des Pays de la Loire.

Dates
Jeudi 26 novembre 2009 – à 20h30
Vendredi 27 novembre 2009 – à 20h30

au Théâtre Paul Scarron

,

Les commentaires sont fermés.